La dépendance au tabac : le pourquoi du comment…

Une clope, deux,…et puis un paquet entier en une seule nuit…Pourquoi et comment le tabac rend-t-il les fumeurs accros à la cigarette? Essayons d’y voir plus clair.

Quand on parle de la dépendance au tabac, le premier mot qui vient à l’esprit c’est bien sûr « la nicotine ». Sacrée nicotine ! Cette idée n’est pas fausse. En effet, la nicotine est constituée de molécules spécifiques. Ces petites molécules ont la capacité  de s’agripper aux  protéines de la surface neurones. Ces protéines forment les récepteurs nicotiniques à l’acétylcholine. La nicotine stimule ces récepteurs à produire une quantité importante de « l’hormone du plaisir ». Il s’agit de la dopamine, une hormone qui agit directement sur une partie du cerveau provoquant chez le fumeur une certaine sensation de satisfaction et de jouissance. La nicotine tonifie ce que l’on appelle « le circuit de la récompense » chez le fumeur. A partir de là, l’organisme du fumeur va se mettre à réclamer sa dose de nicotine afin de retrouver cette sensation de bien être et de satisfaction. Dans le cas où l’individu ne reçoit pas sa dose, il sera « en manque ».

Et pourquoi certains sont-ils accros dès leur première cigarette et pourquoi il y en a d’autres qui trouvent  tout de suite que la cigarette est répugnante ? Là, la génétique entre en jeu. Eh oui, certains individus possèdent une conception génétique qui facilite la circulation de la nicotine et d’autres pas. Chez ces premiers types de fumeurs, même le fait de voir une cigarette non allumée suffit à stimuler leur cerveau à réclamer de la nicotine.

Mais, il y a toujours un « mais ». 

Des études scientifiques en cours suggèrent que la nicotine n’est pas la seule vraie coupable de la dépendance au tabac. En 2009, le professeur Jean-Pol Tassin, neurobiologiste et directeur de recherches à l’Inserm, lauréat du Grand Prix de l’European College of Neuropsychopharmacology (ECNP), a démasqué le complice de la sacrée nicotine.  « Le vrai fautif, c’est le sucre. Ajoutés pour adoucir le goût amer du tabac, les produits sucrés, tel que le miel ou le chocolat, en brûlant, libèrent ces IMAO (inhibiteurs de monoamine-oxydase présents dans la fumée de la cigarette) qui, associés à la nicotine, créent l’addiction au tabac. » affirme le professeur.  Les monoamines-oxydases sont des molécules qui assurent la dégradation de la dopamine dans le sang. D’après les recherches de l’Institut des Neurosciences de Bordeaux, les IMAO les plus puissants sont l’harmane et la norharmane.  Si on considère cette dernière information, un fumeur ne choisit pas être dépendant au tabac, mais de nombreux facteurs l’y poussent !
Désormais, les non fumeurs ne devraient plus trop blâmer les fumeurs en cours de sevrage qui se plaignent de la terrible difficulté qu’ils traversent. Maintenant, on sait de quoi ces gens souffrent. Ne serait-il pas judicieux d’avoir recours à des substituts nicotiniques ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *