Cinq points à élucider au sujet de la cigarette électronique

C’est un scientifique, plus précisément un pharmacien chinois qui a eu l’idée de créer le tout premier exemplaire de ce dispositif technologiquement avancé. Hon Lik a découvert la cigarette électronique en 2003 mais c’est seulement 4 années plus tard que la France a pu profiter de cette ingénieuse invention.
Jusqu’ici, la fabrication des cigarettes électroniques est restée exclusivement en Chine, ou presque. Les cigarettes électroniques qui circulent sur le marché mondial sont donc presque toutes des e-cigarettes « Made in China« . Pour certaines marques, qui vendent leurs produits avec l’étiquette « Made in France », seul l’assemblage des pièces a lieu dans l’Hexagone. En revanche, les recharges peuvent être fabriquées dans différents pays dont la France fait partie. Mais quelle que soit l’origine des produits et des pays où vivent les vapoteurs, quelques questions basiques subsistent. Nous tendons d’apporter ci-après quelques éléments de réponse.
Utiliser une e-cigarette, est-ce anodin ?
Il s’agit de la plus fréquente question posée par les consommateurs. Le succès fou de la cigarette électronique a fait naître une grande polémique au sujet de l’innocuité et de l’efficacité de son utilisation. Les craintes et les doutes résident essentiellement sur les éventuels dangers dûs au manque de connaissance sur les substances inhalées. Les avis restent donc partagés. L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) a par exemple déjà fait allusion aux éventuels dangers comme les difficultés respiratoires et les irritations des yeux. En tout début de l’année 2013, le professeur de médecine Bertrand Dautzenberg, pneumologue et praticien à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris et président de l’Office national français de la prévention du tabagisme, a rédigé un rapport à la demande du gouvernement dans lequel il a évoqué que les e-liquides utilisés dans les e-cigarettes présentaient des taux de nicotine particulièrement élevés. C’est d’ailleurs à la suite de ce rapport que le ministère de la santé a annoncé sa position : celle de la « prudence ». L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) a lancé des préconisations dans le même sens en mars 2013. Elle a recommandé de « ne pas consommer » les e-cigarettes. Peu de temps après, l’Institut National de la Consommation a réalisé une recherche qui confirme aussi que les consommateurs et les pouvoirs publics ne sont pas vraiment rassurés avec l’utilisation de ce nouveau produit. Cependant, les fabricants et les vendeurs affirment que l’e-cigarette présente de nombreux avantages en matière de sevrage tabagique. Par ailleurs, certains experts de la santé, y compris le professeur Dautzenberg , ont admis que la cigarette électronique possède un certain potentiel pour aider les accros à la nicotine à mettre fin à leur addiction.
Avec quel budget peut-on vapoter ?
Le prix est l’un des arguments avancé par les promoteurs de la cigarette électronique pour attirer le maximum de clients. En effet, l’Institut national de la consommation constate que passer à ce produit novateur permettrait d’économiser jusqu’à 1000 euros par an, s’il s’agit d’un gros fumeur, c’est-à -dire quelqu’un qui fume 15 à 20 cigarettes classiques par jour. Si le vapoteur choisit un modèle d’e-cigarette rechargeable, il doit seulement débourser entre 6 et 10 euros par e-cigarette. La dépense annuelle avec la cigarette électronique reviendrait en moyenne entre 1 150 euros et 2 138 euros par an selon l’INC. Avec la cigarette traditionnelle, un fumeur dépenserait 2400 euros par an pour une consommation d’environ un paquet par jour.
Est-ce un médicament ?
La cigarette a été inventée afin de remplacer la cigarette à tabac qui tue des millions de personnes chaque année dans le monde. Cependant, personne ne détient les preuves formelles pour garantir son efficacité en tant que tel. Considérant que cette cigarette nouvelle génération pourrait réellement aider tous les fumeurs à arrêter, la directive européenne visait auparavant à attribuer à l’e-cigarette le statut de médicament en vue d’en limiter la diffusion. En effet, si ce produit est inscrit dans la liste des produits médicamenteux, sa vente serait autorisée exclusivement en pharmacie ce qui risque fort de freiner le développement d’un produit de grande consommation en plein essor. Finalement, le Parlement européen a voté contre ce projet à Strasbourg le 8 octobre dernier. Les cigarettes électroniques ne sont donc pas considérées comme un médicament laissant ainsi sa vente libre. Son statut actuel reste pour l’heure celui d’un produit dérivé du tabac et il le restera ainsi durant les huit années à venir, sauf s’il y a un éventuel rebondissement avant cette échéance. Mais la directive anti-tabac de l’UE prévoit toutefois l’interdiction de certains arômes comme le menthol et les saveurs qui sont trop attractives pour les jeunes consommateurs.
Qui vend les e-cigarettes ?
La clientèle ciblée par le marketing de l’e-cigarette est vraiment large car elle est constituée d’environ 15 millions de personnes. C’est le nombre de fumeurs en France. Le fait que la cigarette traditionnelle fasse 70 000 victimes par chaque année dans le pays booste également la popularité de la cigarette électronique qui dispose a priori de caractéristiques beaucoup plus rassurantes. Tout au début, la vente de la cigarette électronique se limitait au web mais plus tard, des boutiques spécialisées sont nées et se sont installées par dizaines dans les villes de France. Même si les e-cigarettes sont également disponibles dans certains bureaux de tabac, les clients affluent surtout vers les boutiques de vente en ligne et les magasins physiques. L’OFT a noté que le nombre de ces boutiques a augmenté de façon explosive ces dernières années. Alors qu’il n’y avait qu’une seule boutique en 2009, on en enregistre aujourd’hui près de 300 (année 2013
Qui peut utiliser la cigarette électronique ?
Le vapotage n’est pas destiné à tout le monde. De fait, la loi interdit sa vente aux mineurs, donc sa consommation. Les médecins déconseillent également son l’utilisation de la cigarette électronique pour les femmes enceintes ou qui allaitent, ainsi qu’à toute personne sujette à des difficultés cardiaques, respiratoires ou vasculaires.
La loi française interdit dans le Code de Santé publique » la propagande ou la publicité, directe ou indirecte, en faveur du tabac, des produits du tabac ou des ingrédients définis au deuxième alinéa de l’article L. 3511-1″. Compte tenu du vide juridique concernant ce produit de la nouvelle technologie, c’est cette règle qui s’applique aujourd’hui.