Cigarette électronique : pourquoi la FDA devrait-elle se presser ?

L’industrie de la cigarette électronique est devenue un secteur en plein essor. Ce produit novateur fait un malheur auprès des fumeurs, notamment auprès de ceux qui veulent arrêter de fumer. Aux Etats-Unis, le rapport publié le mois dernier par les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) a confirmé que l’utilisation des e-cigarettes se développe à une vitesse incroyable.
Une étude récente menée par le Centre d’études sur le cancer de l’Université d’Hawaii a révélé que de nombreux adolescents souhaitant arrêter de fumer se tournent vers les cigarettes électroniques ou « e-cigarettes ». Ils adoptent souvent ce produit novateur comme solution à leur problème de tabagisme. Les e-cigarettes fonctionnent grâce à des piles ou des batteries. Du fait de leur principe de fonctionnement, leur utilisation est souvent considérée comme anodine parce que le fumeur inhale de la vapeur au lieu de la fumée toxique qui provient habituellement de la combustion du tabac dans les vraies cigarettes.
L’étude a porté sur plus de 1500 fumeurs de différentes origines ethniques, et a montré que 13% d’entre eux auraient choisi la cigarette électronique pour les aider à cesser de fumer. L’étude a également permis de savoir que «… les personnes qui ont utilisé d’autres substituts de la nicotine approuvés par la FDA, étaient de deux à quatre fois plus susceptibles d’adopter la cigarette électronique pour arrêter de fumer», selon la déclaration faite par le Dr Pallav Pokhiel. Pour l’heure, la FDA (Food and Drug Administration) ne s’est pas encore prononcée sur la réglementation des e-cigarettes. Ces dispositifs qui sont nouveaux sur le marché, apparus pour la première fois en 2004, sont encore malheureusement en phase de test selon la FDA. Lila Johnson, membre du Ministère de la Santé pour la prévention du tabagisme et le programme de l’éducation a annoncé que l’organisme pourrait prendre la décision de déclarer ou non l’utilisation des e-cigarettes comme sûre après les résultats des essais en cours. Cela signifie que l’idée que les cigarettes électroniques soient plus sûres et soient sans danger pour le fumeur reste encore à prouver, malgré l’existence de nombreux témoignages.
La FDA devrait user de ses prérogatives afin d’apporter plus de lumière sur la sécurité et les effets de l’utilisation des e-cigarettes. Les utilisateurs ne devraient pas être dupés, en pensant que ces petits gadgets à vapeur sont plus sécuritaires que les cigarettes traditionnelles qui sont fabriquées avec du papier et du tabac. La FDA prend des mesures pour la réalisation d’études et pour interdire aux entreprises de promouvoir leurs produits comme étant sans danger, mais la confusion chez les consommateurs persiste. Afin de fournir les bonnes informations aux consommateurs, la FDA devrait trouver des moyens de les approcher de plus près plutôt que d’attendre que leurs voix soient relatées par des sources médiatiques ou par des communiqués de presse.
Même si la FDA a interdit aux fabricants d’e-cigarettes de promouvoir leurs produits comme un moyen d’arrêter de fumer, de nombreux utilisateurs croient encore que ces dispositifs sont plus sûrs et sont efficaces pour les aider à arrêter de fumer et pour améliorer leur santé. Le simple fait qu’ils exhalent de la vapeur et non de la fumée leur convient. Certains croient également que leur entourage ne risque rien avec la vapeur qu’ils expirent. Pourtant, selon le Washington Post, une étude allemande récente aurait révélé que la vapeur d’e-cigarette contient de la nicotine et du propylène glycol, ainsi que des substances qui pourraient nuire à la santé des personnes se trouvant à  proximité d’un vapoteur.
Aujourd’hui, aux États-Unis, les fabricants et les revendeurs de l’e-cigarette semblent avoir mis toutes les chances de leur côté pour commercialiser au plus mieux ces produits. Ils ont même recours à la publicité télévisée alors que les annonces de cigarettes traditionnelles y ont été interdites depuis 1971.
Cette publicité est possible pour l’instant tout simplement parce que les e-cigarettes ne sont pas soumises à des règles fédérales qui régissent leurs ventes et leurs composants. Et seule la proposition de règles de la part de la FDA pourrait permettre de déterminer comment et où les cigarettes électroniques peuvent et ne peuvent pas être vendues. Cependant, même après cette éventuelle proposition de la FDA, on ignore encore quelle est l’agence gouvernementale qui sera désignée finalement comme responsable de la réglementation de la publicité et de la vente de la cigarette électronique.
En attendant, «le marketing que vous voyez dans ces cigarettes aujourd’hui, c’est le Far West», déclare Stanton Glantz, directeur du Centre de recherche pour la lutte antitabac et l’éducation à l’Université de Californie, San Francisco. « Ils utilisent des célébrités, des films, la télévision…c’est comme entrer dans une machine à remonter le temps. », ajoute-t-elle. Certains se souviendront peut être du temps où la télévision diffusait à profusion des publicités vantant les vraies cigarettes, comme un outil de rafraîchissement, même dans le cadre d’un petit-déjeuner équilibré…
Ce n’est pas vraiment étonnant de constater que les annonces publicitaires pour l’e-cigarette cherchent à reprendre les stratégies utilisées auparavant pour les cigarettes quand on sait que les buralistes veulent aussi surfer sur la vague lucrative des e-cigarettes…Un grand acteur comme Jenny McCarthy utilise par exemple son sex-appeal dans la publicité pour eCigs Blu, propriété de Lorillard, qui fabrique également les cigarettes au tabac Kent et Newport.
Comme Mitchell Zeller, Directeur du Centre pour les produits du tabac à la FDA, l’indique, personne n’est encore en mesure de se prononcer sur ce qui est fiable ou pas concernant les effets de l’utilisation des e-cigarettes sur la santé. Malgré les réticences, les vapoteurs continuent à vaquer à leur occupation favorite.