La France : pour un vapotage libre mais avec précaution

La cigarette électronique : un sujet qui fait toujours un grand tabac partout dans les médias. Avec des modèles qui ont largement évolué depuis son apparition en 2004 sur le marché, le concept gagne de plus en plus en popularité dans de nombreux pays du monde dont la France. Des études ont déjà montré des résultats positifs sur son efficacité pour réduire la consommation tabagique chez un fumeur et aussi sur le fait qu’elle est beaucoup moins nocive que la cigarette traditionnelle. Il y aussi d’autres études en cours lesquelles sont tant entendues par tout le monde et qui prouveront peut-être son innocuité.
Mais ce qui est certain avec cette invention révolutionnaire, c’est :
• Le fait qu’on y trouve pas de tabac, ni du goudron, ni du monoxyde de carbone, ni d’ailleurs les 4 000 autres composants toxiques de la cigarette classique.
• Le fait qu’elle est contre-indiquée chez les femmes enceintes, les personnes sujettes à des problèmes cardio-vasculaires ou d’ordre respiratoire.
• Le fait qu’elle revient beaucoup plus moins chère que le tabac.
Les avis des experts sont divisés sur le sujet : il y a ceux qui recommandent d’interdire son utilisation dans les endroits publics ainsi que sa vente aux mineurs de moins de 16 ans, comme la cigarette à tabac. De l’autre côté, il y a ceux, notamment des médecins, qui ne sont pas contre son utilisation pour aider les fumeurs à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation tabagique mais s’interrogent quand même sur le fait ce dispositif pourrait être un outil potentiel pour l’initiation des jeunes au tabagisme
Même si le terme « vapoter » n’a pas encore fait son entrée dans le dictionnaire, il fait déjà partie des mots du langage courant au sein de la société, et c’est un signe qui montre que son usage est aujourd’hui ancré en France.
Vers la fin de cette année 2013, le nombre de vapoteurs en France atteindrait 1 million ou plus selon le rapport d’experts remis il y a une semaine au Ministère de la santé.
Dans ce rapport, les experts semblent bien approuver le fait que la cigarette électronique représente une alternative à la cigarette classique nettement moins nocive pour le fumeur mais on constate aussi qu’ils préfèrent jouer la carte de la prudence. L’instauration de quelques précautions et de mise en garde est selon eux nécessaire. Ils préconisent de ne pas « vapoter » dans les lieux publics et recommandent l’interdiction de la vente de la cigarette électronique aux mineurs.
Selon le Professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et président du groupe d’experts, auteurs du rapport : « L’enjeu, c’est d’éviter que ces produits normalisent l’usage du tabac et qu’ils incitent des jeunes à se mettre à fumer ».
Lors de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai,  la Ministre des affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine a rendu son verdict sur le sujet et elle a explicitement appuyé les recommandations de ces experts. Elle envisage donc de soumettre la cigarette électronique aux mêmes règlements que la cigarette tueuse à tabac, interdite aux mineurs et bannie dans tous les lieux publics.
Toujours dans ce rapport, les experts admettent également que quoi qu’il en soit, la cigarette électronique est indéniablement beaucoup moins dangereuse que la cigarette classique.  « Dans les e-cigarettes correctement fabriquées et utilisées, l’aérosol contient, selon les données disponibles, beaucoup moins de substances délétères pour la santé que la fumée de tabac, en particulier ni particules solides, ni goudron, ni autres substances cancérogènes, ni monoxyde de carbone (CO) », écrivaient les auteurs. Les experts, ne veulent donc pas interdire l’accès à ce produit pour les fumeurs mais selon eux, il faudrait encore plus de preuves scientifiques qui prouvent la véritable innocuité de tous les composants de la cigarette électronique avant de la considérer comme étant un produit de consommation courante. « Actuellement, on n’en connaît pas suffisamment sur ces produits. Le manque d’études et de recul invite à mettre ceux-ci sous surveillance, ajoutent-ils dans leur rapport.
Le fait que les e-cigarettes contiennent de la nicotine pose également problème pour les experts. Yves Martinet, Professeur chef du service de pneumologie du CHU de Nancy et président du Comité national de lutte contre le tabagisme (CNCT) explique : « Notre crainte est qu’un certain nombre de non-fumeurs, notamment chez les jeunes, s’initient à la cigarette électronique, développent une addiction à la nicotine et l’entretiennent ensuite en passant au tabac. C’est la raison pour laquelle nous sommes fermement opposés à la vente aux mineurs », indique le professeur, Se convertir à la cigarette électronique ne coupe pas entièrement le fumeur du monde du tabagisme selon les experts.
La double interdiction se baserait donc sur une politique d’élimination de toute incitation au tabagisme.
Une cigarette qui a la saveur du chocolat ou de la fraise, qui ne produit pas de la fumée toxique mais de la vapeur…qui permet de retrouver les sensations tant adorées des fumeurs…et qui permet de faire des économies…La préfére-t-on à ces cigarettes à tabac qui « sont les clous de ton cercueil. », comme le dit Serge Gainsbourg ? De nombreux fumeurs ont déjà choisi leur camp mais que choisirait-la France ?