Conclusion hâtives : les acteurs de l’e-cigarette tirent la sonnette d’alarme

Au cours de ces dernières années, les débats autour de l’e-cigarette, originaire de la Chine, ont fait écho partout dans le monde. La cigarette électronique est devenue en quelque sorte l’un des sujets favoris des médias. La balance entre le pour et le contre semble stagner à un certain niveau pour le moment. Mais les deux camps font tout pour se faire entendre et chaque groupe met tout en Å“uvre pour arriver à ses fins. Une véritable guerre est née dans le monde de la vapote…
Cette fois, ce sont les défenseurs de la cigarette électronique qui ont fait leur entrée sur le terrain du débat après la publication d’une étude récente sur l’efficacité de la cigarette électronique pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac. Le cace (collectifs des acteurs de la cigarette électronique) met en garde les autorités contre les « conclusions hâtives ».
Comme dans de nombreux pays européens, la situation de la cigarette électronique n’est pas encore claire en France. Même s’il existe des études qui ont joué en la faveur de l’utilisation de cet appareil, le gouvernement français a décidé d’interdire sa vente aux mineurs de moins de 18 ans.
Que ce soit pour prouver l’efficacité de ce nouveau produit ou pour démontrer le contraire, de nombreuses études ont été lancées et dans la plupart des cas, elles ont apporté des conclusions contradictoires.
La dernière en date, une étude néo-zélandaise, a été publiée très récemment dans la revue « The Lancet ». Cette étude aurait en effet montré que la cigarette électronique est plus, ou aussi efficace que les patchs à la nicotine pour aider les fumeurs dans leur sevrage tabagique. Cette étude néo-zélandaise a été réalisée avec un panel de 657 participants, tous fumeurs. Après quelques tests, les observations ont permis de conclure que 7,3 % de ceux ayant opté pour la cigarette électronique pendant treize semaines sont parvenus à arrêter de fumer. Par contre, les participants qui avaient utilisé les patchs à la nicotine n’ont été que 5,8 % à atteindre ce résultat. De manière plus frappante encore, « il semble bien que les cigarettes électroniques soient plus efficaces pour aider les fumeurs à réduire leur consommation », explique le professeur Chris Bullen, de l’Université d’Auckland. Cette étude a également amené à la conclusion suivante : 57 % des utilisateurs de la cigarette électronique ont pu diviser leur consommation de cigarettes traditionnelles par deux ou plus, contre seulement 41 % parmi les amateurs de patchs.
Une autre étude qui date de quelques jours seulement et qui a été menée par un cardiologue grec du nom de Konstantinos Farsalinos, aurait également montré que l’utilisation de la cigarette électronique ne nuit pas au cÅ“ur. Le vapotage ne provoquerait pas d’augmentation du taux de monoxyde de carbone dans le sang, contrairement au tabagisme classique. En comparant la fonction myocardique de deux groupes, le premier constitué de 20 fumeurs et le deuxième de 22 utilisateurs de la cigarette électronique de façon régulière, le docteur Konstantinos Farsalinos serait parvenu à mettre en évidence la toxicité moindre de ce produit novateur, due selon lui au fait que la nicotine est beaucoup moins absorbée avec cet appareil qu’en fumant une cigarette classique.
Parallèlement à ces deux études, le magazine 60 millions de consommateurs a également rendu publics fin août les résultats d’une enquête qui aurait révélé que certains échantillons de la vapeur produite par quelques échantillons d’e-cigarettes contenaient des « molécules cancérogènes en quantité significative ».
Pour le gouvernement français, la solution est simple : au nom du principe de précaution, il faut intervenir et encadrer le recours à cet outil de sevrage controversé. La loi d’interdiction de la vente de cigarettes électroniques aux moins de 18 ans a été déjà votée par l’Assemblée et appliquée mais en ce qui concerne les autres lois du tabac, la ministre de la Santé Marisol Touraine souhaite étendre l’interdiction du vapotage dans les lieux publics mais ce projet reste encore en suspens pour le moment.
Toutes les recherches et tous les auteurs des différentes études semblent avoir tout de même une seule et unique idée commune : la cigarette électronique ne pourrait pas être plus dangereuse que la vraie cigarette. Cependant, le cace (collectif des acteurs de la cigarette électronique) pense que mettre en avant des qualités non confirmées du produit serait une erreur. Ce produit « constitue avant tout un produit de plaisir et non de sevrage », même si sa consommation « peut se traduire en effet par une réduction, voire un arrêt de la consommation de tabac », explique les responsables de l’association. Le CACE estime que les autorités prendraient une décision trop hâtive s’ils décidaient, malgré les études récentes, de considérer les e-cigarettes comme des médicaments. Le président du cace tient à préciser que ce produit n’a rien avoir avec les autres substituts nicotiniques vendus en pharmacies. « La cigarette électronique répond à la demande de millions de fumeurs qui désirent réduire les risques associés à la consommation de la cigarette traditionnelle tout en préservant le plaisir associé à la gestuelle et à la multiplicité de ses arômes, dimension totalement absente des patchs et des autres produits de sevrage », explique -t-il. Le CACE appelle donc à la « création d’un statut spécifique » avec des normes, notamment, sur les composants de ces e-cigarettes et dénonce que l’assimilation de ce produit à un médicament le disqualifierait définitivement comme un produit de transition pour les fumeurs.
Le projet du gouvernement sur l’interdiction de l’utilisation de la cigarette électronique dans tous les lieux publics, où la cigarette traditionnelle est interdite vise à renforcer la réglementation des e-cigarettes. En octobre, le Parlement européen doit lui aussi examiner le projet de loi européenne sur le tabac afin de rendre plus stricte la législation appliquée sur le tabagisme. La classification de l’e-cigarette en tant que médicament sera également arrêtée par la même occasion.