Arrêt du tabagisme et cigarette électronique : comment ?

La cigarette électronique est un petit appareil électronique, présenté comme un cylindre métallique doté d’une batterie, d’un microprocesseur, d’une cartouche et d’une chambre d’atomisation ou vaporisateur. Il fonctionne avec du e-liquide. Il s’agit d’un liquide à base de propylène glycol et/ou de glycérine végétale combiné à des arômes et avec des concentrations variables en nicotine. L’e-liquide est vaporisé pour simuler la fumée produite par une vraie cigarette.
Après seulement quelques années d’existence, la cigarette électronique a su révolutionner la façon de consommer le tabac chez 2,5 millions de fumeurs dans le monde. On peut donc dire que ce gadget au cÅ“ur du temps moderne connait un succès fou. D’après les études statistiques, ce succès serait même grandissant. Pourtant, une grande question se pose toujours partout dans les médias à propos de la considération de la cigarette électronique comme étant une aide efficace pour l’arrêt du tabac. En 2008, l’Organisation Mondiale de la Santé a clairement donné ses sérieuses recommandations pour soumettre les cigarettes électroniques à d’autres études afin de prouver leur efficacité et leur innocuité.
En effet, au fil des années, plusieurs équipes ont travaillé sur le sujet. En 2010, un article de la revue Addiction, a rendu publique l’existence d’une étude menée par des scientifiques de l’Université de Genève. Cette étude se concentrait sur 3.587 utilisateurs de la cigarette électronique et le but était de prouver une certaine efficacité des e-cigarettes. 92% du panel des utilisateurs ont constaté que la cigarette électronique les a effectivement aidé à diminuer leur consommation de tabac, voire même à arrêter définitivement. La durée moyenne de l’utilisation de l’inhalateur électronique était de 3 mois et la consommation s’estimait à 120 inhalations par jour.
D’autres études plus récentes, menées par des scientifiques italiens de l’Université de Catane parues dans la revue European Respiratory Journal, ont centré leurs observations sur l’étude de 120 individus souhaitant arrêter de fumer. Les 120 sujets étaient repartis en deux groupes. Le premier groupe était constitué par ceux qui utilisaient des e-cigarettes cette fois sans nicotine. Tandis que l’autre groupe était composé de fumeurs utilisant des moyens traditionnels pour arrêter le tabac. Les experts ont constaté aux termes des études qu’entre les deux groupes, le niveau d’efficacité d’arrêt du tabac ne présentait pratiquement aucun écart. Cependant, il a été noté que pour les sujets dont l’addiction se trouvait uniquement dans le geste, c’est-à -dire une addiction de type comportemental, avec la cigarette électronique, 66,7% du panel qui ont utilisé l’e-cigarette ont réussi à arrêter avec le tabac alors que pour les personnes qui ont utilisé d’autres méthodes, il y avait seulement 19,2 % de succès.
D’après l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé AFSSAPS, les cigarettes électroniques n’obtiendront pas une autorisation de mise sur le marché (AMM) qu’après avoir étudiées et analysées d’une manière plus approfondie.
Mais on se demande si le seul « défaut » de la cigarette électronique était de ne pas pouvoir débarrasser les fumeurs de leur mauvaise habitude gestuelle, devrait-on la réglementer aussi sévèrement ?
Des indices de satisfaction auprès des vapoteurs
Lorsqu’un personne vapote au lieu de fumer, elle peut toujours conserver les gestes et le plaisir. C’est quasiment pareil qu’avec une vraie cigarette sauf qu’avec le produit novateur qu’est la e-cigarette, le fumeur remplace un produit avéré très dangereux pour la santé, par un autre qui l’est certainement moins. De nombreuses enquêtes auprès de ceux qui connaissent de plus près ce dispositif fumeux révèlent le fait que la cigarette électronique pourrait bien satisfaire les attentes de ses utilisateurs.
Tout d’abord, il y a l’étude qui a été menée par l’expert Jean-François Etter en 2010. Sur les 81 vapoteurs interrogés, la majorité ont affirmé que la cigarette électronique les aidait effectivement à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation de tabac. D’après leurs témoignages, l’utilisation de la cigarette électronique les faisait moins tousser, leur donnait un meilleur souffle et une meilleure condition physique. Cependant, ces vapoteurs ont encore éprouvé une certaine réserve concernant l’innocuité et le futur statut légal du produit.
Une autre étude in « vivo », sous forme d’enquête auprès de 3587 utilisateurs de la cigarette électronique, via internet venait par la suite corroborer cette notion de satisfaction des vapoteurs. La question portait sur la motivation des fumeurs à utiliser l’appareil. Résultat : 92% du panel perçoit la cigarette électronique comme utile pour l’arrêt du tabac. 84% sont devenus vapoteurs car ils sont convaincus de sa toxicité moindre par rapport au tabac. 77% ont dit que l’e-cigarette empêchait la rechute. Les autres raisons étaient : la possibilité de contrôler l’envie de fumer et les symptômes de manque, le prix, et bien sûr la liberté de vapoter dans les endroits publics. De ce fait, la majorité de ces utilisateurs de la cigarette électronique ont affirmé que le fait d’arrêter de vapoter pourrait facilement les faire rechuter. Conclusion de l’enquête : la cigarette électronique donne une grande satisfaction à ses utilisateurs et est vraiment utile pour arrêter de fumer.
En Pologne, une autre enquête auprès de 257 utilisateurs de cigarettes électroniques a révélé que la moitié du panel a atteint le but d’arrêter de fumer et beaucoup d’entre eux considéraient le produit comme une alternative plus sûre à la cigarette tueuse.
Malheureusement, jusqu’à l’heure l’innocuité de ce produit pour la santé n’est toujours pas démontrée.
Les organismes sanitaires et les décideurs politiques exigent d’autres études plus approfondies afin d’évaluer la toxicité et l’efficacité de ce produit en vogue.
Mais en attendant, vapotez à loisir ne vous nuira point !